Le désert

De bosse en bosse, de dune en chameau, le ciel

Traverse ta mer de sable, ces arabesques

Sont la langue écrite des âmes du sahel,

L’homme façonne sur les murs ta vie de fresques…

 

Il illustre tes contes de pages diaprées,

La caravane caracole sur l’horizon,

Près des astres et aux silhouettes nacrées,

L’invisible nourrit les rêves à foison,

 

Le dromadaire tient tête au soleil couchant,

Les aveugles visionnaires contre un dirham,

A l’orée de la palmeraie au toit ouvrant,

Redonnent ses lettres de noblesse à l’islam,

 

Tes tourbillons enturbannent tes fiers nomades,

Le tracé de tes chemins tout en hyperboles,

Voile la lente progression de ces peuplades,

Tant passeurs d’eau que messagers des paraboles,

 

Quand le vent chaud te soulève, tu es friable,

Dans ses trois dimensions tu effaces le monde,

Au fil des siècles ton histoire est une fable,

Chaque fois ta poussière redevient féconde,

 

Dans les plis de tes dunes naissent des rosaces,

Qu’oasis, l’hymen de ta nudité bénit,

Dans cet espace photo qui n’a pas de place

Pour l’infini, que peut signifier le fini.

Jean-Marie