Au diapason du coeur et de l’esprit

D’amour le soleil comble le ciel et la terre.

L’olivier persistant et vertueux raconte l’origine du temps biblique. Le mimosa jaune citron frise les champs de lavande résistants, debout sur leur tige brunie, bientôt en épi mauve à l’aube, puis d’un violet vif quand jaillit et rebondit la pleine lumière de ce site du sud où blanchissent les amandiers.

L’instrument et la voix font l’unité de la musique au diapason avec le monde inspiré par son quatuor de saisons.

La science des couleurs travaille les harmonies des bourgeons de chaque fleur de chaque plante, et l’élan rythmique de leur éclosion successive, sur l’archet du temps décompté, en phase avec la fugue des cours d’eau aux effluves pétillantes.

L’humanité partage ces gerbes d’éclats chatoyantes qui foisonnent, livrées à la nature de continent en continent. Ce spectacle en joie, communicatif par le corps et les yeux, est fêté.

Un feu d’artifice qui mêle le naturel, ponctue et traduit cet émerveillement spontané de l’univers et des hommes par un ruissellement de musique haute en colorature sur le firmament du jour rendu à la nuit coulissante.

C’est dans cet état d’esprit qu’au petit matin, j’ai croisé la lune à la loge de son dernier quartier qui, d’un hochement de tête, m’a fait le passage d’un beau jour en plein réveil. Un cliché en témoigne.

J’y ai vu et ressenti l’instantané d’un bonheur furtif comme un clin d’œil ouvert au temps arrêté dans la foulée de ma pensée en marche remontée au tic-tac de la vie.

Jean-Marie Sammut