Noam Chomsky, encore…

« 11/9 » de Noam Chomsky

Loin de la déferlante consensuelle qui a submergé les médias après le 11 Septembre, Chomsky démonte le système de propagande mis en oeuvre par les autorités américaines et les médias, notamment à travers l’emploi d’une terminologie très précise. Il questionne par exemple le sens de la formule « guerre contre le terrorisme » en rappelant qu’aucune puissance occidentale ne peut respecter sa propre définition officielle du terme « terrorisme »: les États-Unis ne sont-ils pas le seul pays à avoir été condamné pour « usage illégal de la force » contre le Nicaragua par la Cour internationale de justice de La Haye (1986)? Par conséquent, le seul pays dont le terrorisme a été établi à l’aide de preuves?
En matière de justice internationale, la règle semble donc découler de la formule « deux poids, deux mesures » ou encore d’un « faites ce que je dis, pas ce que je fais » comme l’ont confirmé les bombardements américains de l’usine de produits pharmaceutiques de Al-Shifa au Soudan en 1998. L’enquête demandée par les autorités soudanaises aux Nations Unies afin d’établir les responsabilités est à ce jour toujours bloquée par Washington… Également interrogé sur la notion de « choc des civilisations », Chomsky la réfute en dévoilant les dessous de quelques affaires juteuses entre le monde arabe (notamment l’Arabie Saoudite) et les États-Unis. Dès lors, cette notion dont on nous a tant rebattu les oreilles se voit réduite à une coquille vide. (…) L’Amérique ne parle pas toujours d’une seule voix. Il est bon, aujourd’hui plus que jamais, de le rappeler.

Isabelle Yaouanc, Urbuz.com