Poésie

Au diapason du coeur et de l’esprit

D’amour le soleil comble le ciel et la terre.

L’olivier persistant et vertueux raconte l’origine du temps biblique. Le mimosa jaune citron frise les champs de lavande résistants, debout sur leur tige brunie, bientôt en épi mauve à l’aube, puis d’un violet vif quand jaillit et rebondit la pleine lumière de ce site du sud où blanchissent les amandiers.

L’instrument et la voix font l’unité de la musique au diapason avec le monde inspiré par son quatuor de saisons.

La science des couleurs travaille les harmonies des bourgeons de chaque fleur de chaque plante, et l’élan rythmique de leur éclosion successive, sur l’archet du temps décompté, en phase avec la fugue des cours d’eau aux effluves pétillantes.

L’humanité partage ces gerbes d’éclats chatoyantes qui foisonnent, livrées à la nature de continent en continent. Ce spectacle en joie, communicatif par le corps et les yeux, est fêté.

Un feu d’artifice qui mêle le naturel, ponctue et traduit cet émerveillement spontané de l’univers et des hommes par un ruissellement de musique haute en colorature sur le firmament du jour rendu à la nuit coulissante.

C’est dans cet état d’esprit qu’au petit matin, j’ai croisé la lune à la loge de son dernier quartier qui, d’un hochement de tête, m’a fait le passage d’un beau jour en plein réveil. Un cliché en témoigne.

J’y ai vu et ressenti l’instantané d’un bonheur furtif comme un clin d’œil ouvert au temps arrêté dans la foulée de ma pensée en marche remontée au tic-tac de la vie.

Jean-Marie Sammut  

Hommage à la nature

–—————— Jean-Marie SAMMUT ——————
Né le 15 août 1947 à Bône (Annaba) en Algérie • Retraité du Ministère de la Justice • Médaille de bronze en 1986 et texte publié par l’Institut Académique de Paris ; Un texte publié sur concours en 1995 par la Fédération Française de Randonnée dans le recueil Un chemin et une histoire • Mérite poétique en 2011, 2013, 2014, 2015 et textes publiés par l’Institut Académique de Littérature Francophone à Bayonne ; Textes sélectionnés et publiés en 2011 et 2012 par les Éditions du Bord du Lot ; Textes sélectionnés et publiés en 2015, 2016 et 2017 dans l’anthologie poétique de Flammes Vives ; Texte sélectionné et publié en 2015 dans l’ouvrage Les plumes qu’on assassine de Flammes Vives • Amateur d’acrostiches • Possède deux respirations : la poésie et le chant choral (répertoire classique et contemporain) • « La poésie est à l’esprit ce que l’amour est au corps ».


HOMMAGE À LA NATURE

Hier soir il y avait encore Dame Lune à mon chevet, me racontant la liberté d’un ciel sans étoiles courtisanes. Elle veillait au relief des arbres dans le tain de la nuit. Elle visita un nid endormi, enfourché dans les bras nus de l’hiver. Il n’est de beauté de la nature sans pareil qui se donne aux hommes toujours prêts à la prendre à bras le corps.
L’amour passager est le plus fidèle dans la durée.
Le salut, pour échapper au malheur, faire don de son corps à la nature dans ce qu’elle a de gratuit dans sa beauté toujours renouvelée, avec cette sensation de plénitude, telle une offrande à la mer quand le soleil l’abonde en or liquide.
Alors cette tension exaltée se relâche d’un bonheur exclusif, nous pousse à croire en ces forces invisibles qui mettent à l’épreuve le sacrifice d’une expérience vécue.

L’artiste réalise son sujet dans son espace que l’auteur déborde de la page sans en avoir terminé avec la conduite de sa pensée.

Jean-Marie SAMMUT

Le désert

De bosse en bosse, de dune en chameau, le ciel

Traverse ta mer de sable, ces arabesques

Sont la langue écrite des âmes du sahel,

L’homme façonne sur les murs ta vie de fresques…

 

Il illustre tes contes de pages diaprées,

La caravane caracole sur l’horizon,

Près des astres et aux silhouettes nacrées,

L’invisible nourrit les rêves à foison,

 

Le dromadaire tient tête au soleil couchant,

Les aveugles visionnaires contre un dirham,

A l’orée de la palmeraie au toit ouvrant,

Redonnent ses lettres de noblesse à l’islam,

 

Tes tourbillons enturbannent tes fiers nomades,

Le tracé de tes chemins tout en hyperboles,

Voile la lente progression de ces peuplades,

Tant passeurs d’eau que messagers des paraboles,

 

Quand le vent chaud te soulève, tu es friable,

Dans ses trois dimensions tu effaces le monde,

Au fil des siècles ton histoire est une fable,

Chaque fois ta poussière redevient féconde,

 

Dans les plis de tes dunes naissent des rosaces,

Qu’oasis, l’hymen de ta nudité bénit,

Dans cet espace photo qui n’a pas de place

Pour l’infini, que peut signifier le fini.

Jean-Marie

Cities

Emmie van Biervliet. Sideview cities

They change as we do. You never visit the same place twice. Just like a river…Your gaze, moving with time, reflects its essence. You flourish everytime you put your feet on its paving stone

Janvier glacial

L’amour dans la détresse n’a plus de regard

L’amour dans la misère a perdu son ventre

L’effroi du froid ne concerne pas le hasard

Pour ces dépouillés de la pauvreté Que Diantre!

JMS

Poème

Des mots, des photographies, de la musique

Le trépied de la page , de la toile, de la partition blanche,

Blanche du globe où s’écrient la vie, l’amour, la mort,

Triptyque de notre pensée,

la tête et les mains, les ailes de notre envol, dans l’espace sidéral.

JMS